Un vantail d’hôtel particulier n’est pas une persienne de rapport en plus grand. Le bois est plus dense, les assemblages sont chevillés, les ferrures sont forgées à l’unité, et les gonds sont scellés dans la pierre de taille au plomb ou au mortier de chaux. Décaper un tel ouvrage au chalumeau ou au décapeur thermique pousse le bois à se fendre, et un décapage chimique mal neutralisé ressort au bout de deux hivers sous la peinture neuve.
Sur un vantail de cette époque, je commence par un sondage : un coin de lame poncé en escalier, pour lire les couches une à une et retrouver la teinte d’origine. Je préfère ce relevé à une teinte d’usage supposée. Il donne au conseil syndical, et à l’architecte des Bâtiments de France si le dossier lui est soumis, une pièce concrète plutôt qu’une préférence de goût.
Les ferrures anciennes, espagnolettes, pentures et targettes, se conservent et se remettent en jeu au lieu de se remplacer. Une espagnolette en laiton ou en fer forgé qui a servi deux siècles se redresse, se dégrippe et se repose. Le remplacement par une pièce de catalogue change le dessin du vantail, et c’est précisément ce que le règlement du secteur cherche à éviter.