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Rénover ou remplacer

14 min de lecture

Volets métalliques à Parisrénover ou remplacer, c’est l’état du métal qui tranche

Des volets métalliques qui rouillent ne sont pas forcément à remplacer, et ceux qui paraissent sains ne sont pas forcément à garder. La décision tient à une seule chose, que personne ne regarde au moment du devis : ce qu’il reste de métal sous la peinture. Voici comment le constater soi-même, état par état, et les cas où je vous conseille de ne pas me confier le chantier.

Vantaux de persiennes métalliques en acier nu suspendus dans un atelier, lames et cadres sains avant mise en peinture
1 à 2 semaines
retour des vantaux
12 ans
de garantie
Décennale
attestation remise
Gratuit
déplacement et devis
14 minutes de lecturePar N. Willersteen

Ce qui décide : l’épaisseur de métal qui reste

Un devis de rénovation et un devis de remplacement répondent à deux questions différentes, et c’est ce qui les rend impossibles à comparer. Le premier suppose que le métal est sain sous la peinture. Le second suppose qu’il ne l’est plus. Entre les deux, personne n’a regardé ce qui reste de la tôle, du cadre et des soudures. Or c’est la seule donnée qui compte.

Un volet métallique ne meurt pas parce qu’il est vieux. Les vantaux d’origine d’un immeuble de 1890 en fer ou en acier peuvent être plus sains que ceux posés en 1990 dans une tôle plus mince. Ils meurent quand la corrosion a consommé assez de métal pour que le cadre ne tienne plus, ou que les lames se perforent. Avant ce seuil, tout se reprend. Après, aucun décapage ne rend de la matière que la rouille a emportée.

La difficulté tient à ce que la peinture cache cet état. Un vantail repeint six fois a l’air uniforme, qu’il soit intact ou rongé de l’intérieur. Il faut donc des critères qui ne dépendent ni de la couleur ni de l’âge. Il y en a quatre, que je décris plus bas, et ils se vérifient depuis la fenêtre avec un tournevis et un téléphone.

Fer, acier, tôle : de quoi parle-t-on ?

Quand quelqu’un dit « mes volets métalliques », il désigne en pratique trois familles d’ouvrages qui ne se comportent pas pareil. Les distinguer n’est pas du pédantisme : elles ne se dégradent pas aux mêmes endroits et ne se jugent pas sur les mêmes critères.

Le fer forgé ou plat
Cadres et barres en fer, souvent assemblés par rivets ou par soudure à la forge, que l’on trouve sur les ouvrages les plus anciens. Le métal est épais, il se corrode lentement et en surface. C’est le cas le plus favorable à la rénovation : l’épaisseur donne de la marge.
L’acier en tôle pliée
La grande majorité des persiennes et des volets parisiens courants. Les lames sont pliées dans une tôle mince, la section est faible, et la corrosion s’attaque aux pieds de lame et aux angles où l’eau stagne. Une tôle mince n’a presque aucune marge : c’est elle qui décide du sort du vantail.
La tôle galvanisée ou zinguée
Une tôle d’acier revêtue de zinc à l’usine. Tant que le zinc tient, elle ne rouille pas. Une fois le zinc consommé ou rayé, l’acier dessous part vite, et la peinture posée sur une galvanisation mal préparée s’écaille par plaques. Elle se reconnaît à un aspect légèrement moiré sous la peinture usée.

Le test de l’aimant sépare les métaux ferreux des autres, et je ne le détaille pas ici : l’article sur la confusion avec l’aluminium le fait, et il tient en une phrase. Ce qui compte pour la décision est ailleurs, dans l’épaisseur et dans la qualité des assemblages. Un volet en tôle fine rouillée aux pieds de lame et un volet en fer plat rouillé au même endroit n’appellent pas la même réponse, même s’ils se ressemblent à dix mètres.

Les quatre états d’un volet métallique, et ce que chacun commande

Je classe un vantail dans l’un de quatre états, du moins grave au plus grave. Le classement se fait sur ce que l’on voit, pas sur ce que l’on devine. Chaque état correspond à une décision, et le passage de l’un à l’autre se compte en saisons, pas en années, dès que l’eau peut entrer.

ÉtatCe que vous voyezCe qu’il commande
1. Peinture fatiguéeTeinte passée, quelques éclats, aucun point orangé. Le métal est sain.Rénovation légère, sans urgence. Plus tôt on agit, moins cela coûte.
2. Rouille de surfacePoints orangés isolés, peinture qui cloque par endroits, pas de gonflement du métal.Rénovation complète : mise à nu, protection, finition.
3. Corrosion feuilletantePied de lame gonflé, écailles de rouille épaisses, traînées sur la pierre, angle du cadre qui se soulève.Rénovation encore possible si le métal sain reste en quantité suffisante. À vérifier pièce par pièce.
4. Perte de sectionLames percées, cadre aminci, soudures ouvertes, vantail qui fléchit ou qui ne tient plus l’équerre.Remplacement du vantail ou de la partie atteinte. Aucun traitement ne rend le métal perdu.

Les états 3 et 4 se distinguent à un seul geste : gratter jusqu’au métal et regarder s’il en reste.

Pied de lame de persienne métallique cloqué, avec une peinture soulevée et une corrosion orangée qui commence à gonfler le métal
Un pied de lame cloqué : l’état 3. La rouille occupe plusieurs fois le volume du métal qu’elle remplace, et c’est ce gonflement qui soulève la peinture.

Le gonflement explique pourquoi l’état 3 est trompeur. La rouille est plus volumineuse que le métal d’où elle vient. Elle soulève donc la peinture en écailles, et le vantail paraît en plus mauvais état qu’il ne l’est, ou en meilleur, selon ce qu’elle cache dessous. Une écaille épaisse peut recouvrir un métal encore franc, ou une tôle dont la moitié de l’épaisseur a disparu. On ne le sait qu’en retirant la rouille.

C’est là qu’un décapage par bain d’immersion change la décision, parce qu’il met tout à nu d’un coup, y compris les faces cachées et les recoins que la brosse n’atteint pas. On y voit l’état réel, et il arrive qu’il soit meilleur que prévu. Cela arrive aussi dans l’autre sens, et je préfère le dire avant le décapage plutôt qu’après : je ne facture pas une rénovation sur un vantail que l’état 4 a déjà condamné.

Quatre contrôles à faire depuis la fenêtre, sans rien abîmer

Il ne s’agit pas de bricoler : ces gestes ne réparent rien, ils renseignent. Ils prennent dix minutes par fenêtre, et ils évitent de payer un déplacement pour entendre ce que vous auriez pu constater seul.

  1. Le pied de chaque lame, côté extérieur. Passez le doigt sous le bord inférieur : une surface lisse indique un métal intact, une surface en relief ou qui s’effrite indique que la corrosion mord. Regardez les trois ou quatre lames du bas en priorité, car l’eau s’y accumule.
  2. Le son. Tapotez du manche d’un tournevis le cadre puis les lames. Un son plein et net indique du métal entier. Un son mat ou sourd sur une zone signale qu’une couche de rouille ou de peinture empâtée recouvre un métal aminci.
  3. L’équerre et la planéité. Fermez le vantail et regardez le jeu avec la feuillure sur toute la hauteur. Un jour qui s’élargit vers le bas, ou un vantail qui touche au même endroit chaque fois, dit que le cadre a cédé ou que les gonds se sont affaissés.
  4. Les points de fixation. Les gonds et les pentures sont scellés dans la pierre ou la brique. Si la rouille y a fait éclater le scellement, il s’agit d’un chantier de maçonnerie, pas seulement de peinture, et il se chiffre à part.
Menuiserie métallique fine d’un immeuble des années trente, profilés minces en acier peints, où la moindre perte de section pèse sur la tenue de l’ensemble
Plus le profilé est mince, moins la corrosion a de marge à consommer. Sur une menuiserie métallique fine, la perte de section se décide au dixième de millimètre.

Aucun de ces contrôles ne remplace la visite, et aucun ne conclut seul. Le jour qui s’élargit, par exemple, peut venir d’un vantail à reprendre en équerre comme d’un gond qu’il suffit de resceller. Mais deux de ces signaux ensemble, un son sourd au pied des lames et un cadre qui ne tient plus l’équerre, suffisent à dire que la question du remplacement se pose pour de bon, et que le devis qui l’écartera d’emblée mérite d’être questionné.

Quand le remplacement est le bon choix, et que je vous le dis

Un artisan qui ne vit que de rénovation a un intérêt évident à ne jamais conseiller de remplacer. C’est pourquoi la liste qui suit est écrite à l’avance : elle vaut engagement, et vous pouvez me l’opposer.

Remplacer ne veut pas dire tout remplacer. Sur une fenêtre dont un seul vantail est dans l’état 4, le plus fréquent est de faire reprendre ou refaire ce vantail et de rénover les autres. La question à poser au devis est donc : quel est le périmètre exact du remplacement, vantail par vantail, et pourquoi.

Un autre cas, qui n’a rien de technique : un vantail rénové à côté d’un vantail neuf. Un ouvrage neuf n’a ni la même épaisseur de peinture ni la même teinte vieillie, et la façade le montre pendant plusieurs années. Si l’aspect compte, c’est un argument pour rénover l’ensemble d’une façade plutôt que de mélanger les deux.

Ce que vous avez le droit de remplacer, et qui doit en décider

Remplacer un volet métallique par un autre matériau, ou par un modèle d’un autre dessin, change l’aspect de la façade. Cette question est plus encombrante que la technique, et elle se règle avant toute commande.

En copropriété, la façade est une partie commune. Un copropriétaire qui veut modifier l’aspect extérieur de l’immeuble, y compris le dessin de ses volets, doit y être autorisé par l’assemblée : c’est la majorité de l’article 25 de la loi du 10 juillet 1965, au b), qui vise l’autorisation de travaux affectant les parties communes ou l’aspect extérieur. À l’identique, la question ne se pose pas : une reprise qui conserve forme et teinte relève de l’entretien.

Au regard de l’urbanisme, un changement d’aspect appelle une déclaration préalable de travaux, au titre de l’article R. 421-17 du code de l’urbanisme. Dans les abords de monuments historiques et dans les sites patrimoniaux remarquables, l’architecte des Bâtiments de France donne son avis, et il demande le plus souvent de conserver ce qui existe. À Paris, ces périmètres sont fréquents : vérifiez le vôtre avant de commander quoi que ce soit.

La conséquence pratique est simple, et elle joue en faveur de la rénovation : dans un immeuble ancien de la capitale, la voie la plus courte est souvent de réparer ce qui est là, parce qu’il n’y a aucune autorisation à demander. Remplacer, c’est parfois attendre une assemblée générale et un avis de l’architecte avant d’avoir commandé un seul vantail. Le calendrier du chantier doit tenir compte de ce délai, et c’est un point que le devis de remplacement oublie souvent.

Comparer un devis de rénovation et un devis de remplacement

Je ne publie pas de prix et je ne cite pas ceux des confrères : sans visite, un chiffre au mètre carré ou au vantail ne mesure rien, et il fait croire à un tarif que personne n’a établi sur votre ouvrage. Ce que je peux donner, ce sont les postes qui font varier le total, de chaque côté. Ce sont eux qu’il faut retrouver, ligne par ligne, dans chaque devis.

PosteRénovationRemplacement
Dépose et repérageOui, vantail par vantailOui, plus l’évacuation des anciens
FabricationReprise ponctuelle des pièces atteintesVantail complet, au dessin d’origine ou non
Préparation du métalDécapage jusqu’au métal sainSans objet sur le neuf
ProtectionAnticorrosion puis finitionAnticorrosion puis finition, aussi
QuincaillerieReprise de l’existanteSouvent neuve, à choisir
Repose et scellementsSur les gonds d’origineGonds à refaire si le neuf n’a pas les mêmes cotes
DémarchesAucune si identiqueAssemblée, déclaration préalable, avis éventuel

Le remplacement garde la ligne « protection » : un volet neuf en acier se traite lui aussi contre la corrosion, sinon il rouille à son tour.

Trois lignes manquent souvent. Le périmètre exact : combien de vantaux, et lesquels sont remplacés. L’état constaté : un devis qui ne décrit pas ce que l’on a vu ne vaut pas engagement. Et la garantie, par écrit : sur quoi elle porte, la protection anticorrosion ou la peinture seule, et combien de temps. J’affiche douze ans, et je préfère qu’on me demande de le mettre par écrit plutôt que de s’en tenir à la parole.

Dernier point de comparaison, que le prix ne dit pas : le temps sans volets. En atelier, mes vantaux reviennent en une à deux semaines. Une fabrication neuve a ses propres délais, auxquels s’ajoutent ceux des autorisations quand il y en a. Si vos fenêtres donnent sur la rue, cette durée compte autant que le tarif.

Ce qui fait durer un volet métallique, rénové ou neuf

Rénover ou remplacer ne protège de rien si la protection est mal faite. Dans les deux cas, ce qui fait durer un vantail, c’est le même enchaînement : un métal propre, une protection qui continue d’agir quand la peinture est rayée, une finition cuite plutôt que séchée. Sur un vantail qui n’a pas été décapé à nu, la peinture neuve cloque en un an ou deux, et il ne reste plus ensuite que l’état 3, sur un support plus dégradé.

C’est pour cela que le décapage et la protection passent avant la couleur. Je les détaille sur la page consacrée au décapage et au thermolaquage de volets, avec ce que justifie chaque poste. Le point à retenir ici est plus court : un volet métallique neuf, mal protégé, ne vaut pas mieux qu’un vantail ancien repeint par-dessus la rouille, et il coûte plus cher.

Vantail métallique à moitié décapé sur un établi, une moitié encore peinte et l’autre mise à nu jusqu’au métal gris
Un vantail à mi-décapage : d’un côté la peinture ancienne, de l’autre le métal tel qu’il est vraiment. C’est à ce stade que se confirme ou non la rénovation.

Ce qu’on me demandesur ce sujet

Peut-on rénover un volet métallique déjà percé par la rouille ?

Quelques perforations localisées, oui : on reprend la zone, on la protège et on la peint. Quand elles touchent la majorité des lames du bas ou que le cadre a perdu sa section, la reprise coûte plus que la fabrication et ne rend pas la rigidité. C’est l’état 4, et je vous le dis avant de décaper.

Comment savoir si mes volets sont en fer, en acier ou en aluminium ?

Un aimant colle sur le fer et l’acier, pas sur l’aluminium. C’est le test le plus simple, et l’article sur la confusion avec l’aluminium le détaille. Dans un immeuble parisien d’avant-guerre, des volets d’origine sont presque toujours en fer ou en acier.

Faut-il l’accord de la copropriété pour remplacer des volets métalliques ?

Si le remplacement change l’aspect extérieur de la façade, oui : c’est la majorité de l’article 25 de la loi du 10 juillet 1965, au b), et une déclaration préalable au titre de l’article R. 421-17 du code de l’urbanisme. Une reprise à l’identique, même forme et même teinte, relève de l’entretien et n’appelle ni vote ni déclaration.

Un volet métallique neuf dure-t-il plus longtemps qu’un volet rénové ?

Pas par principe. Un volet neuf en acier mal protégé rouille à son tour, et un vantail ancien correctement décapé et protégé tient aussi bien. La durée dépend de la préparation et du système de protection, pas de l’âge du métal. Exigez la garantie par écrit, avec ce qu’elle couvre.

Combien de temps mes fenêtres restent-elles sans volets pendant une rénovation ?

Une à deux semaines en atelier par tranche de vantaux, et je découpe le chantier pour que toutes les fenêtres ne soient pas dégarnies en même temps. Un remplacement par fabrication neuve a ses propres délais, auxquels s’ajoutent ceux des autorisations quand elles sont nécessaires.

Combien coûte la rénovation de volets métalliques ?

Je ne publie pas de grille, et les chiffres au vantail que vous trouverez en ligne ne tiennent pas compte de l’état réel du métal. Le prix dépend du nombre de vantaux, de l’état constaté, du nombre de couches à retirer, de l’accès et du choix entre reprise en place et atelier. Visite et devis sont gratuits, et le devis est détaillé poste par poste.

Je passe voir, puis je chiffre.

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