Le thermolaquage n’est pas la réponse à tout, et un artisan qui vous le présente sans réserve ne vous a pas tout dit. Première limite, physique : la pièce doit entrer dans la cabine et dans le four. Un vantail de très grande dimension, comme on en trouve sur les hautes baies de l’ouest parisien, peut atteindre les cotes maximales de l’installation. Cela se vérifie au relevé, avant de promettre quoi que ce soit.
Deuxième limite : la retouche. Un feuil thermolaqué rayé jusqu’au métal ne se retouche pas au pinceau avec le même produit — la poudre ne polymérise qu’au four. On retouche avec une peinture liquide de teinte approchante, et la reprise reste visible de près. C’est le revers d’un film aussi homogène : il ne se raccorde pas.
Troisième limite : la teinte se commande. Contrairement à une peinture qu’on met à la teinte en quelques minutes, la poudre s’achète par référence et par lot. Changer d’avis après commande coûte cher, ce qui est une raison de plus pour valider l’échantillon physique devant la façade avant de lancer quoi que ce soit.
Quatrième limite, celle qu’on oublie : le procédé impose la dépose, donc le transport, donc des fenêtres sans volets pendant une à deux semaines. Sur un logement en rez-de-chaussée sur rue, ce n’est pas neutre, et cela se discute au phasage plutôt qu’au moment du démontage.
Rien de tout cela ne disqualifie le procédé — il reste très supérieur à une peinture appliquée en façade sur du métal. Mais un ouvrage sain qui ne demande qu’un rafraîchissement ne le mérite pas, et je le dis quand c’est le cas.
Un mot pour finir sur le champ d’application. Le bain d’immersion et le grenaillage valent pour les ouvrages en métal ferreux : la persienne métallique parisienne en acier plié, bien sûr, mais aussi les radiateurs en fonte, dont les moulures piègent la peinture exactement comme les articulations d’un vantail piègent la leur. Ils ne valent pas pour le bois, qu’aucun bain de ce type ne supporterait sans gonfler.