Une persienne correctement traitée n’est pas un ouvrage qu’on oublie pendant quinze ans, mais son entretien tient en trois gestes et ne demande aucune compétence particulière.
Le premier est le rinçage annuel dont je parlais plus haut : eau claire, éponge douce, pas de détergent alcalin ni de nettoyeur haute pression — la pression décolle le feuil dans les angles, précisément là où il protège le plus.
Le deuxième est le graissage des articulations. Une penture et un gond bien graissés ne forcent pas, et un vantail qui ne force pas ne se voile pas. Une goutte d’huile fine une fois par an sur chaque axe suffit, à condition d’essuyer le surplus : une coulée d’huile sur un feuil clair laisse une trace qui ne part plus.
Le troisième est la retouche des éclats. Un choc qui met le métal à nu doit être repris rapidement, même sommairement, parce que c’est par là que la corrosion repart. Sur un ouvrage métallisé, l’urgence est moindre — la couche de zinc continue de protéger autour de l’éclat — mais la retouche reste préférable.
Ce qu’il ne faut surtout pas faire : repeindre par-dessus « pour rafraîchir » sans avoir traité ce qu’il y a dessous. C’est exactement le geste qui a produit les six ou huit couches empâtées qu’on retrouve aujourd’hui sur la plupart des ouvrages, et qui bloquent le repli des vantaux.