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Rénovation de voletsà Boulogne-Billancourt
Boulogne est la commune des années trente, et cela se voit sur ses fenêtres. Art déco et architecture moderne s’y sont installés massivement à cette période — Le Corbusier, Mallet-Stevens, Auguste Perret, André Lurçat et Pingusson y ont tous bâti — au point que la ville leur consacre un musée. Un volet de Boulogne ne ressemble pas à une persienne haussmannienne, et ne se traite pas comme elle.

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Un patrimoine du vingtième siècle, pas du dix-neuvième
La commune a connu dans l’entre-deux-guerres une concentration d’architecture remarquable : l’immeuble Molitor de Le Corbusier avec ses briques de verre, la villa Cook du même, la villa Collinet de Robert Mallet-Stevens, l’atelier-résidence Dora Gordine d’Auguste Perret, celui de Froriep de Salis par André Lurçat, ou encore l’immeuble en béton armé de Pingusson dont les formes évoquent celles d’un paquebot.
Ce patrimoine impose une évidence de méthode : sur un bâtiment de cette période, la menuiserie fait partie du dessin. Les volets et les fermetures métalliques y sont souvent d’origine, avec des profils, des sections et des ferrures qui n’ont pas d’équivalent au catalogue. Les remplacer, c’est amputer la façade ; les rénover, c’est la conserver.
Toute la commune n’est évidemment pas classée, et l’immense majorité des immeubles boulonnais sont des immeubles de rapport ordinaires. Mais la logique reste la même : à Boulogne, la question de départ est presque toujours « peut-on garder l’existant ? », et la réponse est plus souvent oui qu’on ne le croit.
Ce que le bâti des années trente change
- Des tôles plus fines
- Les volets métalliques de cette période sont souvent en tôle plus mince que les persiennes haussmanniennes. Un décapage mécanique agressif les voile ; l’immersion chimique ne touche pas aux cotes.
- Des teintes claires et grises
- Le vert sombre parisien n’est pas la règle ici. Gris, crème, blanc cassé : des fonds clairs qui exigent une finition sans reprise, et qui exposent le moindre point de rouille remonté.
- Des lignes horizontales
- L’écriture Art déco et moderne joue sur les bandeaux filants et les angles arrondis. Un vantail mal aligné à la repose casse une horizontale qui court sur toute la façade.
- Des ferrures spécifiques
- Pentures, gonds et crémones de cette période sont souvent dessinés pour le bâtiment. On les décape et on les regraisse, on ne les remplace qu’en dernier recours.
Métal ou bois : les deux existent à Boulogne
La commune n’est pas homogène. Aux immeubles modernes des années trente répondent des maisons et des immeubles plus anciens, notamment vers le vieux Boulogne, où l’on trouve des volets bois battants et persiennés. Les deux chaînes de traitement coexistent donc sur le même secteur.
Pour le métal, la chaîne est celle de l’atelier : bain d’immersion, grenaillage, métallisation zinc-aluminium, primaire époxy, thermolaquage cuit au four. Pour le bois, elle est tout autre : aérogommage basse pression, ponçage et reprise des profils, traitement fongicide et insecticide à cœur, impression microporeuse, finition au pistolet.
Appliquer la logique de l’un à l’autre est le meilleur moyen de ruiner un ouvrage — et c’est pour cela que la première chose que je regarde à la visite est la matière, avant même l’état.
Ce qu’on me demandesur cette prestation
Mon immeuble est-il concerné par une protection patrimoniale ?
Cela dépend de l’adresse. Boulogne-Billancourt compte des édifices protégés et des abords de monuments historiques, mais la majorité du bâti ne l’est pas. Le service de l’urbanisme de la commune renseigne précisément. Dans tous les cas, repeindre à l’identique relève de l’entretien et ne demande aucune autorisation ; c’est le changement d’aspect qui déclenche les démarches.
Peut-on retrouver la teinte d’origine des années trente ?
Souvent, oui, et le décapage est ce qui le permet : en descendant couche par couche, on retrouve fréquemment la teinte posée à l’origine sous les repeints successifs. On relève alors l’échantillon sur place et on fait valider avant de commander la poudre ou la peinture. Un rendu d’écran ne suffit jamais pour arrêter une couleur.
Intervenez-vous sur des menuiseries métalliques autres que des volets ?
Le cœur du métier reste le volet, la persienne et le radiateur en fonte. Sur des ouvrages métalliques voisins — grilles, garde-corps, petits éléments de serrurerie — la chaîne de décapage et de traitement est la même, et cela se regarde à la visite. Je préfère le dire devant l’ouvrage plutôt que promettre au téléphone.
